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 Brutal Truth, grindcore et crise de la quarantaine

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MessageSujet: Brutal Truth, grindcore et crise de la quarantaine   Jeu 16 Sep 2010 - 19:34

Voici un petit article que j'ai trouvé intéressent. Paru sur un des blog du monde.fr

Voiçi le lien pour voire l'article dans sa page d'origine ainsi que quelques vidéos :
Brutal Truth, grindcore et crise de la quarantaine


"Le bruit, c’est subjectif. Puisqu’on parle de grindcore, tourbillon extrêmement violent de hardcore, de métal et de noise, abordons-le par la métaphysique. Dans son très bon essai Noise/Music - A History, Paul Hegarty définit le bruit ainsi :

“Il existe en relation avec une perception - directe (sensorielle) - mais dépend également des présomptions propres à un individu. Celles-ci vont varier en fonction de la période historique et de la localisation géographique et culturelle. L’existence ou non du bruit va également dépendre de la source de ce que l’on nomme bruit : qui en est le producteur, où et quand, et comment cela affecte le récepteur de ce bruit.

Il y a une différence entre le bruit et les bruits. Les bruits sont des sons indéfinis, non catégorisés (exemple : des bruits déplaisants, des bruits forts, etc..) mais le bruit est une qualification : c’est déjà un jugement sur le fait qu’un bruit existe”

La philo permet sans doute de prendre un peu de recul, un peu de hauteur, et de relativiser. Donc, ce qui est du bruit pour toi ne l’est pas forcément pour moi, etc… Ok. Le grind est peut-être concerné par le paragraphe précédent, il n’en reste pas moins une forme d’agression musicale, brutale et intransigeante. Sans une solide éducation dans le domaine du métal extrême, il n’y aucune prise, aucun angle auquel s’accrocher pour commencer à apprécier. C’est une paroi vierge et on glisse. Et on a mal aux oreilles.

Les guitares sont généralement accordées très bas, fulgurantes & impossibles à appréhender, et cohabitent avec les cris gutturaux ou horriblement aiguës, incompréhensibles, qui parsèment ce champ de ruine musical où tout semble carbonisé, empaqueté dans des chansons qui dépassent rarement les deux minutes. Et puis il y a la batterie, qui ne vise rien d’autre que la vitesse avec le fameux blast beat, une technique décrite comme “une explosion maniaque de percussion, qui s’intéresse moins au rythme qu’à la pure et simple violence sonore” (Voir la démonstration de Ernie de la Rue Sésame).

Peut-être un peu simpliste et caricatural comme description, mais il fallait sans doute en passer par là. Les puristes, les amateurs éclairés vous répondront que c’est avant tout un “genre de musicien”, qui ne s’écoute pas autant qu’il ne s’apprécie en bon connaisseur. J’ai fait ma dose de concert pour savoir que le grind sur scène laisse souvent bouche bée, par le cataclysme sonore que ça représente pour tes tympans, ouais, mais surtout par l’énergie, qui se transforme en folie puis en chaos, et par la maîtrise complète, totale et absolue qui se dégage des musiciens. Ils font ce qu’ils veulent de leurs instruments, c’est des extensions de leurs corps. C’est du punk dans l’esprit, et absolument l’inverse dans le rapport avec la technicité.



Imagine le grind comme une grand & dysfonctionnelle famille et tu commenceras un peu mieux à le comprendre : le pater familias, qui a préparé le terrain et dont l’influence est encore considérable (Napalm Death), l’oncle ultra-politisé qui a fait toute les manifs, surtout les plus violentes (Assuck), le fils prodigue qui a suivi les traces du père avant de bifurquer légèrement (Carcass), les cousins scandinave et belge qui ont fait le truc à leur sauce (Nasum et Agathocles), le beauf’ que tout le monde prend pour un dangereux détraqué (General Surgery), la jeune et fringante deuxième génération (Agoraphobic Nosebleed et compagnie) et enfin l’ado qui refuse de grandir et qui se marre encore à toutes les blagues de cul (les légendaires Gronibard)

Le point commun de la fratrie ? Une préférence pour l’annihilation sonore sur scène et sur disque, c’est certain. Mais aussi un sens de l’humour souvent aussi grand que leur débit de décibels. Prenez Brutal Truth, un des plus illustres groupes de grind d’outre-Atlantique. Ils ont officié entre ‘90 et ‘99 avant de se séparer. Leur album Sounds of the Animal Kingdom (1997) est un des classiques du genre. Les mecs ont désormais tous la quarantaine passée, des gosses, peut-être même des crédits à rembourser. Pourquoi ont-ils décidé de replonger dans cette “musique de sauvage” en 2006 ? La vidéo ci-dessous donne un début de réponse.

Je finirais en disant que Rich Hoak, le batteur de Brutal Truth, est un extra-terrestre, une machine ou un mélange des deux. S’il fallait que je donne une seule raison pour apprécier cette musique, ce serait la suivante : voir la réaction de ceux qui pensent qu’elle est uniquement l’affaire de gros troglodytes tatoués & sauvages, alors qu’un mec qui ressemble à un prof de math en short, chétif et binoclard, peut en être le vrai responsable."



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Nehluj
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MessageSujet: Re: Brutal Truth, grindcore et crise de la quarantaine   Ven 17 Sep 2010 - 12:17

Sympa comme article. Pour creuser un peu le rapport son-bruit :

Luigi Russolo : L'arte dei rumori (l'art des bruits) manifeste des bruitistes italiens écrit en 1913

Pierre Albert Castanet : Tout est bruit pour qui a peur - pour une histoire sociale du son sale bouquin assez exhaustif sur le sujet, traversant tous les courants musicaux du XXe siècle : Russolo, Stockhausen, Cage, Varèse, mais aussi Black Sabbath, Carcass, Morbid Angel, NTM...

Pierre Schaeffer : Traité des objets musicaux écrit dans les années 60 en parallèle aux avancées de la musique concrète et électro-acoustique. Classement typologique des bruits et de la manière de les produire --> les bruits deviennent alors des "sons" obtenus par un geste conscient et utilisés à des fins musicales.

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dida
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MessageSujet: Re: Brutal Truth, grindcore et crise de la quarantaine   Ven 17 Sep 2010 - 14:46

Article très intérressant. Pour une fois que c'est dit objectivement sans trop de préjugés & qu'on ne crache pas une énième fois à la gueule du grind (ou du metal en général !). C'est pas mal écrit , v'là un article qui fait plais' !
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Hourse
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MessageSujet: Re: Brutal Truth, grindcore et crise de la quarantaine   Ven 17 Sep 2010 - 18:55

a
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Darkrys
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MessageSujet: Re: Brutal Truth, grindcore et crise de la quarantaine   Ven 17 Sep 2010 - 21:42

Intéressant.
Et on voit bien cette image de mur sonore, sans angle d'accroche, si aucun acquis culturel préalable... effectivement.

Par contre, pas très explicite le rapport avec la crise de la quarantaine...
ça me fait penser à ça Arrow http://sepulcral.forumactif.com/lachez-vous-f7/postez-vos-videos-t4352-170.htm#92311
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